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Des citoyens sentinelles de la nature

Ramassage de déchets dans une rivière - Crédit : Thierry Degen / Terra

Ramassage de déchets dans une rivière

Crédit : Thierry Degen / Terra

Les Français sont de plus nombreux à vouloir agir pour préserver leur cadre de vie, leur patrimoine naturel et leur santé. Une carte participative permet désormais à tout un chacun de lancer l’alerte sur des atteintes à l’environnement, mais aussi de signaler des initiatives positives. Explications.

Décharges sauvages, pollution lumineuse, abattages illégaux d’arbres… Tout citoyen témoin d’une atteinte à l’environnement a la possibilité de la signaler sur la carte participative de l’association France nature environnement (FNE), qui fédère 3 500 associations de protection de la nature et de l'environnement sur l’ensemble du territoire.

Créé en 2015 par la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA), cet outil se déploie progressivement sur le territoire français : l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie sont les régions les plus actives, devant les régions Grand Est et Normandie. Les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Hauts-de-France seront quant à elles accessibles cette année. Un travail spécifique sur l’outre-mer devrait par ailleurs voir le jour. Avec un budget global de 1 à 1,5 million d’euros par an, le projet Sentinelles de la nature doit s’appuyer sur un nombre suffisant d’associations structurées sur le terrain.

Des signalements systématiquement vérifiés

Crédit : FNE

Plus de 3 000 citoyens ont d’ores et déjà participé au projet. Pour cela, rien de plus simple, il suffit de se connecter sur le site internet ou sur l’appli mobile de Sentinelles de la nature, de créer un compte et de remplir une fiche descriptive pour effectuer un signalement. On peut joindre éventuellement des photos. Une association référente sur le territoire, membre du réseau de FNE, prend ensuite le relais.

« L’association échange avec la sentinelle et s’assure sur le terrain que les observations correspondent à une atteinte avérée avant de publier le signalement sur la carte. Cette mise en lumière peu souhaitable accélère en général le processus pour résorber l’atteinte constatée, mais cela peut prendre des mois, parfois plusieurs années », explique Thibaud Saint-Aubin, coordinateur du lien fédéral à FNE et animateur national du projet Sentinelles de la nature.

Les signalements peuvent concerner tous types d’atteintes, sous réserve que l’association puisse vérifier les déclarations et comprendre la situation (les querelles de voisinage, par exemple, sont écartées). En s’appuyant sur des bénévoles et des salariés, les associations du mouvement FNE indiquent par la suite à la sentinelle les démarches à entreprendre et peuvent la guider pour résorber les atteintes. L’association peut aussi agir directement, comme à Culin (Isère) où des gravats communaux comblaient un milieu humide : l’association locale Nature vivante a pris contact avec le maire de la commune qui a interdit ces dépôts et pris des dispositions pour évacuer les déchets communaux vers le circuit classique. Près de 7000 démarches de ce genre ont d’ores et déjà été engagées.

Un outil de médiation

En plus de près de 2000 dégradations constatées (en orange), 300 initiatives favorables pour la nature sont signalées actuellement (en vert) sur la carte. « Au-delà du recours contentieux ou juridique, cette carte est aussi un outil de médiation sur le terrain environnemental, qui nous permet de développer la conscientisation des citoyens sur les enjeux de protection de l’environnement et de recruter de nouveaux adhérents », indique Thibaud Saint-Aubin. Avis aux défenseurs de la nature.