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État de la biodiversité en France : des indicateurs pour mieux évaluer

Hibou moyen-duc juvénile (Asio otus) dans la Vienne

Hibou moyen-duc juvénile (Asio otus) dans la Vienne

Crédit : Thierry Degen / Terra

Comment mesurer l'état de la biodiversité ? Comment évaluer les actions menées pour sa protection ? Amélie Le Mieux, cheffe de projet coordination de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) et Julien Massetti, chef de l’unité synthèses et observatoire à l’Office français de la biodiversité (OFB), nous l’expliquent.

Qu’est-ce que l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) et comment fonctionne-t-il ?

L’ONB est issu de la loi Grenelle 1 de 2009 et piloté par l’Office français de la biodiversité. Sa mission : porter à la connaissance de tous des informations fiables et actualisées sur l’état de la biodiversité en France (métropole et outre-mer), son évolution, les pressions qui pèsent sur elle et les réponses apportées par la société. Ces informations prennent la forme d’indicateurs, de cartes et de publications de synthèse. Cette mission s’inscrit dans les trois grandes raisons d’être de l’ONB : changer la perception des enjeux sur la crise de la biodiversité, en qualifier les causes et les conséquences à l’échelle nationale et suivre la prise en compte du problème par la société. L’ONB est aujourd’hui composé de huit groupes de travail, qui permettent de couvrir autant de thématiques (biodiversité et milieux humides, biodiversité et économie, etc.). Rassemblant des experts du sujet étudié, chaque groupe de travail identifie les enjeux et définit des indicateurs en lien avec les problématiques soulevées.

Quels sont ces indicateurs et qui les utilise ?

L’ONB propose aujourd’hui une centaine d’indicateurs. Parmi eux, 16 ont été identifiés comme particulièrement importants, car révélateurs de la situation de la biodiversité et des actions menées par la société dans notre pays. L’indicateur sur la surface de milieux naturels détruits par l’artificialisation en France métropolitaine en est un : entre 2006 et 2015, environ 66 000 hectares ont été artificialisés chaque année. Cela signifie que nous perdons l’équivalent de la surface d’un département de milieux naturels et de terres agricoles tous les 10 ans. La destruction des habitats est la principale menace qui pèse sur la biodiversité en France. L’objectif de l’ONB est de faire connaître largement ces indicateurs, afin que les citoyens s’en saisissent. À cette fin, les indicateurs phares ont été adaptés sous forme de courtes vidéos, pour permettre à tout un chacun de comprendre le chiffre et de le replacer dans son contexte.

Sur la base de quelles données ces indicateurs sont-ils construits ?

L’ONB valorise de nombreuses données issues de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN). Ces données sont mobilisées pour les indicateurs portant sur la répartition des espèces ou les espaces protégés (l’indicateur d’évolution du nombre moyen d’espèces exotiques envahissantes, celui de la surface du territoire métropolitain bénéficiant d’une protection forte, par exemple), mais aussi pour ceux liés à l’état de la connaissance sur la biodiversité (l’indicateur sur les lacunes en matière de connaissance naturaliste, par exemple). L’INPN n’est toutefois pas la seule source de données de l’ONB : si nous avons autant d’indicateurs aujourd’hui, c’est grâce à la mobilisation des experts issus de nombreux organismes qui participent aux groupes de travail de l’ONB et qui permettent d’identifier et de mobiliser de multiples sources de données.