Le

Les tarmacs font le plein de biodiversité

BDD-07-09-2020_V32-M50507-Asphodelus01-4088_985x655_actu

Asphodèle fistuleux (Asphodelus fistulosus), aéroport de Perpignan

Crédit : Roland Seitre / Aéro biodiversité

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les aéroports ne sont pas des lieux délaissés par la biodiversité, bien au contraire. Tour de piste de la biodiversité aéroportuaire.

En France, le nombre total d’aéroports représente une surface importante, de l’ordre de cinq fois celle de la ville de Paris. Avec la pollution atmosphérique et sonore qu’elles engendrent, les zones aéroportuaires ont plutôt mauvaise presse question environnement. Pourtant, elles sont constituées à 70 % de prairies. Laissés dans un état semi-naturel, ces écosystèmes abritent une grande diversité d’espèces. À titre d’exemple, pas moins de 252 espèces d’oiseaux ont été recensées sur les aéroports français, soit la moitié des espèces présentes sur le territoire national.

Échange de bons procédés

Plan de fauche, diminution ou suppression des traitements phytosanitaires, gestion différenciée des espaces verts... La plupart des aéroports français ont adopté un programme en faveur de la biodiversité et opté pour une gestion adaptée et raisonnée du couvert végétal. Plus de la moitié des aéroports ont également réalisé des inventaires de faune et de flore. L’aéroport de Toulouse-Blagnac, par exemple, a recensé sur ses prairies quelque 330 espèces végétales (dont plus d’une douzaine d’espèces remarquables), 65 espèces d’insectes, 90 espèces d’oiseaux... Au-delà de l’intérêt purement écologique qu’elle présente, une bonne gestion de la biodiversité permet aussi de minimiser les risques animaliers pour l’aviation et ainsi de contribuer à la sécurité aéroportuaire. En effet, 700 collisions d’avions avec des animaux sont enregistrées en moyenne chaque année en France métropolitaine. Pour réduire encore ce chiffre, la biodiversité n’est pas une ennemie mais une alliée. Et pour cause : favoriser des écosystèmes en bonne santé, sans prolifération de telle ou telle espèce, est une manière de renforcer la sécurité sur les aéroports. Par exemple, le maintien d’un couvert herbacé de quelques dizaines de centimètres suffit à dissuader certaines espèces de se poser et entraîne la diminution de la présence de rapaces, qui ne peuvent plus distinguer leurs proies.

Des programmes de sciences participatives

La compagnie aérienne HOP! a créé, à l’automne 2013, l'association HOP! biodiversité, en partenariat avec le Muséum national d'histoire naturelle et le ministère de la Transition écologique. Renommée depuis Aéro bioversité, l’association a pour objectif d’évaluer la biodiversité des aéroports, d’identifier les bonnes pratiques et de promouvoir une gestion des espèces plus naturelle. Pour ce faire, elle mène des actions d’observation, de recensement et d’inventaire et organise des programmes pour les établissements scolaires. Papillons, escargots, pollinisateurs, vers de terre, chauves-souris… La biodiversité des aéroports est décidément entre de bonnes mains.