Le

Mangroves : objectif repeuplement !

Palétuviers dans une mangrove

Palétuviers dans une mangrove

Crédit : Pascale Chabanet / IRD

Écosystèmes particulièrement riches, les mangroves sont souvent mises en péril par l’activité humaine. Certains pays s’attachent, depuis une trentaine d’année, à les restaurer. Dans le cadre du projet international Rescue consacré à la surveillance et à la restauration des écosystèmes côtiers, des scientifiques du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) ont étudié l’évolution de ces réhabilitations.

Préserver les mangroves, c’est avant tout préserver des écosystèmes particulièrement riches. Ces forêts amphibies qui se développent entre terre et mer sont présentes dans les zones côtières des mers chaudes intertropicales puisque les arbres qui la composent, principalement des palétuviers, s’épanouissent dans une eau à 20°c minimum. « Les mangroves protègent les côtes et sont de véritables nurseries pour les poissons et les crustacés, souligne Valéry Gond, chercheur en télédétection au sein de l’unité de recherche forêts et sociétés du Cirad. De plus, leurs abords sont très riches tant au niveau de la faune que de la flore ». Parmi leurs autres vertus, ces espaces forestiers particuliers participent au stockage de carbone, à la régulation du climat ou à la fixation des sédiments dans le sol. Ils agissent aussi comme un filtre en purifiant l’eau, ce qui permet aux récifs coralliens de se développer au large. Par ailleurs, ces espaces délivrent de nombreux bénéfices aux populations locales, le premier, et non des moindres, étant de les protéger de la montée des eaux, des ouragans ou des tsunamis. « Par le passé, les populations y trouvaient du bois de chauffe ou de construction, mais aussi des plantes médicinales ou des ressources comme les poissons et crustacés », explique Hélène Dessard, spécialiste en analyse statistique de l’unité de recherche forêts et sociétés.

Des écosystèmes mis à mal par l’aquaculture et la crevetticulture intensives

Ces espaces naturels sont menacés par les fermes de crevettes ou de poissons qui s’y sont installées. Non seulement les fermiers arrachent les arbres pour créer des bassins, mais les effluents et la nourriture industrielle polluent tout l’environnement. Ainsi, dans le delta du Mékong, 90 % de la mangrove a été transformé en fermes. De plus, certains agriculteurs se servent de la terre fertile des mangroves pour leurs propres cultures ou défrichent de manière intensive pour récolter du bois. Résultat : les mangroves souffrent et disparaissent avec des conséquences immédiates sur la biodiversité. Certains pays ont donc décidé de réhabiliter des mangroves en les repeuplant. Le Cirad a étudié une initiative engagée en 1990 au Sud-Est de la Thaïlande, dans la province de Trat, et créé un algorithme permettant d’assurer un suivi des peuplements et ainsi d'estimer l'état des mangroves. Avec comme constat qu’au bout de 28 ans, l’opération était un succès puisque les palétuviers replantés, de l’espèce Rhizophora, atteignaient 14 m contre 18 m pour les forêts naturelles. Un signe de bonne reconstitution du milieu naturel !