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Trame bleue : le barrage Saint-Michel d’Amiens fait peau neuve

Passe à poissons du barrage Saint-Michel d’Amiens

Passe à poissons du barrage Saint-Michel d’Amiens

Crédit : DREAL Hauts-de-France

Patrimoine historique des années 1930, le barrage de l’usine Saint-Michel, à Amiens, constituait il y a peu un obstacle majeur pour les poissons de la Somme. Entamés en 2019, de vastes travaux pour rétablir la continuité hydraulique et écologique du fleuve viennent de se conclure. Une bonne nouvelle pour la biodiversité aquatique locale.

Situé dans le lit mineur de la Somme, le barrage Saint-Michel d’Amiens voit aujourd’hui la trame bleue (continuité écologique des réseaux aquatiques) locale rétablie. « Ancienne usine hydraulique construite dans les années 1930, l’usine Saint-Michel alimentait le réseau d’eau potable de la ville d’Amiens »,explique Frédéric Florent-Giard, responsable du pôle planification et gestion de l’eau à la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) des Hauts-de-France.« Mais l’exploitation du barrage et des turbines a été stoppée dans les années 1970-1980, laissant le bâtiment plus ou moins à l’abandon ». Progressivement, l’ouvrage est identifié comme un point d’obstacle majeur de la trame bleue sur le bassin Artois-Picardie. D’importants travaux sont entrepris dès 2019 avec pour objectif prioritaire de limiter l’impact du barrage en cas de crue. « Ces opérations avaient aussi vocation à restaurer les fonctionnalités du fleuve sur ce secteur et à faciliter la migration des espèces, pour certaines menacées de disparition comme l’anguille », indique Frédéric Florent-Giard. « La restauration de la continuité aquatique s’inscrit par ailleurs dans les axes de travail du Plan biodiversité de 2018 », précise-t-il.

Le barrage Saint-Michel d’Amiens à l'issue des travaux

Vue en aval du barrage Saint-Michel d’Amiens

Crédit : Bief-Cariçaie

Une trame bleue restaurée

Les travaux, financés par l’agence de l’eau Artois-Picardie, le Fonds européen de développement régional (Feder), le conseil départemental de la Somme et la ville d’Amiens, ont permis de conserver le bâtiment historique tout en atteignant les nouveaux objectifs hydrauliques et écologiques. « L’obstacle situé en rive droite du fleuve, dans le lit du cours d’eau, a été aménagé avec une rampe à macro-rugosités pour rétablir la libre circulation des espèces migratrices », précise Frédéric Florent-Giard. Des plots ont été disposés en pente douce pour diminuer l’énergie de la chute entre l’amont et l’aval du barrage et ainsi faciliter le passage des poissons. La modernisation du dispositif de vannage permet, quant à elle, le passage des crues et des sédiments sous l’usine. Pour autant, même si la continuité hydraulique et écologique est désormais rétablie, difficile d’en rapporter les bénéfices pour la biodiversité à ce stade. « Le chantier s’est achevé au début de la crise de la Covid-19 et le confinement nous a empêché d’observer la remontée des poissons cette année », regrette Frédéric Florent-Giard. « Cependant, le retour emblématique de la grande alose plus en aval du fleuve à l’été 2019 a constitué un signal fort, l’espèce étant classée en danger critique d’extinction en France ». Un premier indice révélateur que les travaux de rétablissement de la continuité écologique de la Somme portent leurs fruits.