Le

Une géolocalisation fictive sur Instagram pour protéger les écosystèmes

Touristes dans le parc national des Calanques - Crédit : Daniel Joseph-Reinette

Tourisme dans le parc national des Calanques

Crédit : Daniel Joseph-Reinette

Afin de préserver les écosystèmes et les espèces des espaces naturels, WWF France a lancé l'été dernier une campagne qui invite les instagrameurs à remplacer la géolocalisation de leurs photos par la mention « I Protect Nature ». En effet, la géolocalisation sur Instagram a trop souvent pour conséquence l’arrivée soudaine d’un tourisme de masse délétère pour la santé des sites fragiles.

Poster une photo géolocalisée de ses vacances sur Instagram permet certes de partager son expérience de lieux idylliques avec son entourage, mais cela peut aussi s’avérer nuisible pour le site ainsi valorisé. Connaissant l’endroit précis du cliché, de nombreux touristes font ensuite le voyage, mettant en danger la biodiversité (dégradation des écosystèmes, perturbation des espèces, etc.) particulièrement lorsqu’il s’agit de zones protégées ou fragiles. Le WWF France, qui alerte sur ce phénomène de surfréquentation, prend l’exemple de la détérioration des lacs aux abords du GR20, le sentier de randonnée qui traverse la Corse. À force d’être trop piétinées, les prairies humides autour des lacs s’assèchent et la flore disparait.

Sensibiliser le grand public

Pour sensibiliser les 14 millions d’instagrameurs français à la protection des espaces naturels, WWF France a donc lancé la campagne « I Protect Nature ». Le principe : une géolocalisation unique, le siège de WWF France près de Paris, pour toutes les photos postées grâce à la mention « I Protect Nature ».

L’objectif est également d’alerter sur la pollution liée au tourisme, en particulier en Méditerranée. En effet, dans son rapport présenté le 7 juin dernier, l’ONG a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme. Chaque année, ce sont 600 000 tonnes de plastique qui sont rejetées dans la Méditerranée, désormais mer la plus polluée du monde. 

Inciter les pouvoirs publics à agir

Avec cette opération, WWF France souhaite aussi pousser les pouvoirs publics à agir pour la protection de espaces naturels fragiles qui reçoivent trop de visiteurs. Soit en aménageant ces lieux - avec des chemins, des infrastructures, des poubelles -, soit en mettant en place des quotas. Cela existe déjà, par exemple pour The Wave, une vague de grès ocre très fragile dans les Vermilion Cliffs, aux États-Unis, dont la visite est limitée à vingt personnes par jour.